mardi 9 octobre 2018

[Chronique Manga] Parasite - Hitoshi Iwaaki


Titre : Parasite
(Kiseiju)
Genre : Manga seinen
Auteur : Hitoshi Iwaaki
Editeur : Glénat
Fiche LivrAddict : Saga Parasite



Cette nuit des choses étranges pleuvent. Venues du fin fond de l'espace, de la taille d'une balle de tennis, en nombre inconnu, elles arrivent, et s'ouvrent. Une espèce de ver en sort, qui rampe à la recherche d'un hôte... Rentrant par l'oreille de cet homme endormi, il prend le contrôle de son cerveau.

Autre lieu, autre ver, autre hôte : un jeune homme non dénué de réflexes. Le parasite se propulse, tel une flèche vivante, Shin'Ichi l'arrête avec sa main...
Enfin... Le parasite perfore son bras et y rentre, seulement arrêté dans sa course vers le cerveau par un garrot hâtivement posé.
Puis, plus rien. Tout est à nouveau normal.

Sauf que de par le monde sont commises d'atroces boucheries par des humains qui n'en sont plus, qui ont une force incroyable et une malléabilité extrême dans leur partie parasitée. Quant à la main de Shin'Ichi, et bien...




En premier lieu, je tiens à m'expliquer de pourquoi j'ai utilisé pour illustrer cette chronique une image fan art, et non pas du manga. Eh bien, tout simplement parce que je trouve les couvertures de la version papier vraiment pas jolies. Voilà, c'est tout pour moi.

J'ai découvert Parasite grâce à l'anime sur Netflix, que j'ai adoré. Du coup, j'ai voulu me pencher sur les livres, et même si je les ai adoré, une petite précision est à faire : L'anime et le manga sont très différents, visuellement parlant. Le manga, plutôt méconnu jusqu'ici date de 1990, tandis que son adaptation en anime date de 2015 ; De ce fait, les personnages n'ont plus vraiment la même tête et certains détails ont radicalement changé, par soucis de modernité (Dans l'anime, les personnages utilisent des téléphones portables et non plus des cabines, le style vestimentaire a également radicalement changé...) Ci dessous, une affiche de l'anime, et un extrait du manga :


Outre ce détail, passons à mon avis concernant cette saga : Sans surprise, comme l'anime, je l'ai adoré. Nous suivons Shin'Ichi, jeune lycéen japonais qui s'est fait parasiter la main par Migi, une entité extraterrestre qui visait de base son cerveau. De fil en aiguille, ces deux là vont devenir amis et vont chercher à en savoir plus sur les parasites, et surtout, à les exterminer. Au fur et à mesure que l'on avance dans la série, pas mal de questions se posent, notemment sur la condition humaine, l'idée de sélection naturelle, etc. Ce manga amène à pas mal de réflexion si on creuse un peu le sujet, surtout par le biais de Reiko Tamura (SPOIL une parasite de base, au début tueuse et sur la fin désireuse de se fondre avec les humains). En parallèle nous suivons quelques personnages secondaires, notemment Kana, une jeune fille extra lucide qui " ressent " Shin'Ichi quand il se trouve près d'elle, mais également sa meilleure amie Satomi, personnage parfois agaçant mais très utile car elle évite à Shin'Ichi de sombrer dans la folie. 

L'intrigue est bien menée, les enjeux sont captivants, ce n'est pas qu'une banale histoire d'éventuelle extinction de l'humanité, tout est bien pensé. On en arrive même à s'attacher à certains parasites (J'ai un énorme coup de coeur pour Migi, évidemment). Outre le fait que le dessin paraîsse un peu vieillot maintenant (Tout dépend des goûts, personnellement j'adore les mangas " à l'ancienne "), le récit est captivant et on passe vraiment un excellent moment tout au long des 11 tomes.


Ma note globale de la saga : 17 / 20


Et vous, quel est le dernier manga qui vous a marqué(e) ?


Miaka

lundi 1 octobre 2018

[Chronique] Le Portrait de Dorian Gray • Oscar Wilde


Titre : Le Portrait de Dorian Gray
(The Picture of Dorian Gray)
Genre : Classique
Auteur : Oscar Wilde
Editeur : Le livre de Poche
Fiche LivrAddict : Le Portrait de Dorian Gray


Ainsi tu crois qu'il y a seulement Dieu qui voit les âmes, Basil ? Ecarte le rideau et tu verras la mienne. Il avait, prononcé ces mots d'une voix dure et cruelle. - Tu es fou, Dorian, ou tu joues, murmura Hallward en fronçant les sourcils. - Tu ne veux pas ? Alors, je vais le faire moi-même, dit le jeune homme qui arracha le rideau de sa tringle et le jeta par terre. Une exclamation d'horreur s'échappa des lèvres du peintre lorsqu'il vit dans la faible lumière le visage hideux qui lui souriait sur la toile. Il y avait quelque chose dans son expression qui le remplit de dégoût et de répugnance. Grands dieux ! C'était le visage de Dorian Gray qu'il regardait ! L'horreur, quelle qu'elle fût, n'avait pas encore entièrement ravagé sa stupéfiante beauté. Il restait encore des reflets d'or dans la chevelure qui s'éclaircissait et un peu de rouge sur la bouche sensuelle. Les yeux bouffis avaient gardé quelque chose de la beauté de leur bleu. Le contour des narines et le modelé du cou n'avaient pas encore perdu complètement la noblesse de leurs courbes. C'était bien Dorian. Mais qui avait peint ce tableau ? Il lui semblait reconnaître son coup de pinceau. Quant au cadre, il était de lui. C'était une idée monstrueuse et pourtant il eut peur. Il prit la chandelle allumée et la tint devant le portrait, Son nom figurait dans le coin gauche, tracé en longues lettres d'un vermillon brillant.


Le Portrait de Dorian Gray est un classique que je n'avais jusqu'ici jamais lu, mais dont j'avais beaucoup entendu parler, à force de références dans plusieurs autres livres, films, etc... Le sujet me faisait toutefois un peu peur, j'appréhendais de m'ennuyer devant un livre ne parlant que d'une peinture. J'ai toutefois profité que cette oeuvre soit dans la liste de mes lectures imposées pour la fac pour m'y mettre. 

D'ordinaire, j'aime beaucoup les classiques littéraires, sous pas mal de leur forme ; Roman, pièce de théâtre, poésie... Mais celui là, non, ce n'est pas passé. La première partie du roman m'a fortement ennuyée. Hormis Dorian Gray, je n'ai aimé aucun des personnages ; J'ai trouvé l'écriture plutôt belle, mais par moment tellement pompeuse que c'en était vraiment désagréable. Et certains passages étaient d'une longueur... Lisant ce livre principalement dans les transports, je me suis retrouvée à piquer du nez à plusieurs reprises, d'ailleurs. On nous sert d'immenses tirades philosophiques qui s'étalent sur plusieurs pages, et on finit par s'y perdre. Toutefois, quand j'ai été sur le point de lâcher l'affaire, est arrivé un passage ou les choses ont commencées à bouger : Dorian Gray est tombé amoureux. Et pendant plusieurs pages, j'ai été captivée, je l'avoue. J'ai redonné une chance à ce livre.

Puis finalement, non. Dans le livre, les années passent, Dorian découvre et apprend de nouvelles choses, et c'est long, tellement long, tellement indigeste que je me suis retrouvée à sauter des pages jusqu'à celles ou j'allais retrouver un peu d'action et plus seulement de longs questionnements, descriptifs etc sur le sens de la vie, de la beauté, de la jeunesse, et tout ça. J'en suis arrivée au point ou j'ai été soulagée quand j'ai finalement découvert que, les repères chronologiques de fin de livre mis de côté, il ne faisait plus 285 mais 277 pages. La fin a amené un peu de mouvement à l'oeuvre, avec un retournement de situation plutôt sympathique mais qui ne me donnera certainement pas l'envie de relire cette oeuvre quelques temps plus tard, pour mieux l'apprécier, peut être.

En bref, l'histoire est intéressante, le personnage de Dorian Gray fascinant par son ambivalence, l'ambiance de la vieille Angleterre est appréciable mais ce livre souffre de telles longueurs que je n'ai pas réussie à être charmée par quoi que ce soit, finalement. J'étais surtout contente de tourner les pages pour en arriver vite à la fin.

Un livre que je vais garder le temps qu'on l'étudie à la fac, mais qui terminera dans une boîte à livres quand ce sera fini.

Ma note : 14/20

Et vous, quelle a été votre dernière déception " livresque " ?


Miaka ♥

[Chronique] • Les tribulations d'une gothique amoureuse - Cécile Guillot


Titre : Les tribulations d'une gothique amoureuse
Genre : Chick lit
Auteur : Cécile Guillot
Editeur : EDB


Lily est amoureuse de Vince, mais pas seulement… Elle aime aussi…
La vie.
La musique.
Son travail.
Ses corsets.
Les cupcakes.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… elle décide de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie…


Ce livre fait partie de ceux que j'aime lire après une déception, ou un livre plutôt sérieux, voir lourd. Disons que je sais immédiatement qu'il me plaira, que je n'aurais pas à me prendre trop la tête dessus et que je le finirai vite. C'est exactement ce qu'il s'est passé.

Lily est une gothique de 27 ans, amoureuse du guitariste de son groupe, Vince, mais aussi professeur d'enfants handicapés, grande fan de films d'horreur, de cupcakes et de shopping en ligne. Le truc, c'est qu'un jour, Lily débarque à une répétition de son groupe et apprend que Vince amène avec lui sa copine du moment, avec qui paraît il, c'est plutôt sérieux. Lily prend ça comme un coup en pleine figure, et va donc s'efforcer de continuer sa vie en ayant sous les yeux son guitariste et sa copine. Tout simplement. C'est mignonnet, on lit ce livre comme la tranche de vie d'une fille plutôt atypique mais qui partage les mêmes galères qu'une fille lambda ; Jalousie, collègues tyranniques au travail, quelques kilos en trop sur la balance.... On s'attache finalement à cette petite goth même si elle peut paraître parfois très clichée sur les bords.

C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre, le côté stéréotypé des personnages ; Lily est gothique, s'habille toujours en noir, porte des vêtements Hell Bunny, adore Dracula, ne mets que des corsets et est amoureuse d'un bad boy aux cheveux longs blindé de tatouages. Et quand elle parle d'elle, elle rappelle relativement très souvent qu'elle est gothique, comme si son style vestimentaire définissait automatiquement qui elle était, spoiler, surlignez pour lire au point qu'elle se demande même si elle pourrait envisager de fréquenter son collègue parce que selon elle, les geeks ne fréquentent pas les gothiques....

J'ai aimé quelques unes de ses références, mais le fait qu'elle en utilise vraiment très souvent (Lieux, marques, blogs, musiques, films) peut être un peu lourd, à force. Toutefois, ça reste une bonne lecture, que je recommande si vous voulez quelques heures de détente sans prise de tête.


Ma note : 15/20


Et vous, quand aimez vous lire des livres un peu plus " légers " ? 
Quel était le dernier du genre que vous ayez lu ? 


Miaka ♥

jeudi 27 septembre 2018

[Chronique] • L'enfant du Titanic - Leah Fleming


Titre : L'Enfant du Titanic
(The Captain's Daughter)
Genre : Historique, drame
Auteur : Leah Fleming
Editeur : France Loisirs
Fiche LivrAddict : L'Enfant du Titanic



Tout au long du XXe siècle, entre l'Angleterre et les États-Unis, l'histoire d'une improbable amitié née à bord du Titanic entre deux femmes que tout oppose, une amitié si forte qu'elle défiera les conventions sociales, les épreuves et le temps. Dans le confort luxueux du pont supérieur du Titanic, Celeste rêve au moment où elle retrouvera son petit garçon, resté avec son père dans l'Ohio. Dans les coursives des troisièmes classes, May regarde son mari et son bébé, et rêve à la nouvelle vie qui les attend en Amérique. Quelques heures plus tard, le majestueux paquebot a sombré, les deux femmes ont tout perdu. Dans le canot de sauvetage qui les emporte, May serre dans ses bras un enfant. Unies à jamais par ce qu'elles viennent de vivre, profondément transformées, Celeste et May reprennent chacune le cours de leur vie avec une détermination nouvelle. Celeste parviendra-t-elle à échapper aux règles d'un milieu étouffant et misogyne pour s'émanciper et élever seule son fils ? May, hantée par la décision qu'elle a prise cette nuit-là, pourra-t-elle un jour faire la paix avec sa conscience et révéler à son amie la terrible vérité ? Qui est vraiment l'enfant du Titanic ?


Je me souviens avoir trouvé ce livre dans une brocante, la couverture m'avait beaucoup plue ; Et quand j'ai montré cette trouvaille à ma maman, je n'ai même pas eu le temps de dire quoi que ce soit qu'elle s'en était déjà emparé et était partie le lire dans un coin de la maison... Quand elle l'a terminé, je m'y suis mise, et très franchement, j'ai adoré. 

Tout commence à bord du Titanic, ou l'on découvre nos deux personnages principaux : May, jeune femme de troisième classe embarquée à bord du paquebot avec sa fille et son mari pour prendre un nouveau départ, et Céleste, une belle dame de la bourgeoisie, qui rentre chez elle après l'enterrement de sa mère. Les deux femmes ne se connaissent pas, mais elles se lieront d'amitié suite au naufrage du Titanic. D'ailleurs, je pense qu'il est bon de préciser que si vous cherchez un récit traitant du Titanic, celui ci n'est pas le bon : Le trajet et le naufrage sont expédiés en une cinquantaine de page. Ce qui fait tout l'interêt de ce livre, c'est ce qui se passe après le drame, et nous suivons nos personnages, leur évolution, ainsi que leur entourage sur près de cinquante ans. L'histoire traverse plusieurs générations, croise les détails, les destins de chacun pour arriver à un dénouement final un peu prévisible, mais qui n'en reste pas moins magnifique. 

Le roman faisant 611 pages, on peut avoir peur de longueur, mais - pour ma part - ça n'a pas été le cas. Certes, il y a certains moments ou on perd un peu de vue l'intrigue et les personnages principaux (Notemment pendant la période de la seconde guerre mondiale) mais on se rend vite compte que chaque détail, chaque " tranche de vie " n'est pas inutile et aura toujours une répercussion sur un autre personnage, ou une autre situation. A propos des personnages, j'ai eu beaucoup de tendresse pour eux : Qu'il s'agisse de Céleste, féministe qui se bat contre son mari tyrannique tout en cherchant à sauver son fils ; De May, encore hantée par le souvenir du naufrage et du péril de son mari ; Mais aussi d'Angelo, jeune italien résidant en Amérique perdu dans le déni et qui attend encore le retour de sa femme ; du père de Céleste, le chanoine si charitable envers May... Tous sont extrêmement attachant et j'ai eu un pincement au coeur à refermer le livre en me disant que je ne les " verrais plus ". 

En bref, ce livre est un très beau livre ; L'histoire est belle, l'intrigue bien ficelée. Longue, mais absolument pas indigeste. L'écriture est fluide, se lit bien, les pages se tournent vite et on ne voit pas passer les 600 pages. Je recommande à tout ceux et celles amateur(e)s de livres chargés d'émotions, presque " tire larmes " ce livre qui fait désormais partie de mes livres favoris, voire même de mes livres doudou.

Ma note : 18 / 20.


Et vous, quel livre vous a particulièrement touché(e) ?


Miaka ♥

mercredi 19 septembre 2018

[Chronique] • Fleur de Neige - Lisa See


Titre : Fleur de Neige
(Snow Flower and the secret fan)
Genre : Historique
Auteur : Lisa See
Editeur : J'ai Lu
Fiche LivrAddict : Fleur de Neige

Dans la Chine impériale du XIXe siècle, Fleur de Lis et Fleur de Neige naissant au même instant. Cette coïncidence et sa grande beauté permettent à Fleur de Lis, malgré son extraction modeste, de devenir l'âme-sœur, la laotong, de Fleur de Neige, fille de la haute noblesse. La grande amitié qui lie les jeunes femmes se brise quand Fleur de Lis découvre que son amie l'a trahie...
Une histoire d'amitié et de fascination réciproque qui explore avec lyrisme et émotion l'une des plus mystérieuses relations humaines : l'amitié féminine.



Si je devais résumer ce livre en quelques mots, je l'ai dévoré. A plusieurs reprise, il m'a rappelé Geisha d'Arthur Golden (Mon livre préféré depuis environ 10 ans), pour diverses raisons ; Les héroïnes, tout d'abord. Elles sont toutes les deux soumises aux traditions chinoises et les subissent, les acceptent même, avec un grand respect et beaucoup d'humilité, même quand il s'agit de se faire bander les pieds ou marier avec un homme qu'elles n'ont jamais rencontré. Ensuite, les descriptions ; Si vous aimez l'Asie, vous allez vous régaler. Les descriptions sont belles, documentées, détaillées mais pas indigestes. Qu'il s'agisse de décrire les kimonos brodés ou les paysages, vraiment, on s'y croirait. Pour peu que je mette un peu d'encens dans la pièce avant ma lecture, je me laissais transporter rapidement par la plume de l'auteur, cela faisait d'ailleurs longtemps que je ne m'étais pas plongée à tel point dans un bouquin.

Les personnages principaux sont très attachants ; Issues d'un milieu très différent, elles deviennent toutefois très rapidement amies (En plus d'avoir été désignées comme laotong), peut importe les évènements qui les bouleversent ; Le mariage heureux de l'une, et malheureux de l'autre, leur belle famille, la trahison de Fleur de Neige... Cette amitié, au départ si innocente, se mue en quelque chose de solide, et même un peu mélancolique. On ne peut jamais en vouloir à l'une ou à l'autre pour quelque raison que ce soit (Je reste assez vague pour ne dévoiler aucune clef de l'histoire), quand l'une paraît dure on se prend d'empathie pour l'autre, et vice versa... Durant le récit, nous suivons la vie de ces deux laotong, vie plus ou moins réussie, mais leur amitié reste néanmoins très forte et c'est ce que j'ai adoré dans ce roman, que j'ai trouvé très, très émouvant.


Ma note : 18 / 20


Miaka ♥